Ce que vous devez absolument savoir sur les étiquettes de vos vêtements : rencontre avec Mathilde, experte en mode éthique.

Aujourd’hui je vais vous présenter un format un peu différent de ce que j’ai pu vous faire comme article jusqu’à présent ! Je voudrais vous présenter une personne inspirante et surtout une personne experte dans la mode et plus particulièrement la mode éthique, qui va vous permettre d’apprendre à décrypter les étiquettes de vos vêtements en un coup d’œil.

Aujourd’hui, l’industrie du textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde, nous achetons des vêtements bas de gamme, à faibles prix, faits de matières synthétiques le plus souvent, issues de la pétrochimie (littéralement nos vêtements sont du plastique) ! Nous avons le devoir en tant que consommateur et consomm’acteur de mieux consommer pour enrayer ce système. Avec quelques infos pratiques il est tout à fait possible de privilégier des matières plus nobles sans exploser son porte-monnaie !

C’est donc avec Mathilde (Mathildecloset sur instagram que je vous invite à suivre) experte sur la question et en mode éthique, que nous allons découvrir comment mieux consommer tout en restant fashion !

  • Pour commencer Mathilde, peux-tu te présenter en quelques mots et présenter cette passion que tu as pour la mode éthique ? Comment t’est-elle venue ?

Je suis une influenceuse mode éthique depuis 2-3 ans. Quand j’ai commencé mon Instagram il y a presque 4 ans, je ne connaissais rien à la mode éthique. Je n’ai jamais énormément consommé de vêtements mais le concept de mode éthique m’était inconnu. C’est mon engagement féministe qui m’a poussé vers la mode éthique. Un jour, c’est devenu une évidence. La majorité des travailleurs de la mode sont des travailleuses, des travailleuses maltraitées qui plus est. On estime aujourd’hui qu’à peu près 85% des travailleurs dans le textile au Bangladesh sont des femmes et jusqu’à 90% au Cambodge. Ces femmes ne gagnent presque rien. Elles sont parfois enfermées dans l’usine pour continuer à travailler, dorment dans des dortoirs à côté de l’usine pour ne pas avoir de temps de transport, n’ont pas ou peu de pause pour aller aux toilettes, travaillent sans climatiseur ni même ventilateur et j’en passe !

Et puis, il y a aussi bien sur, mon engagement pour l’environnement. Le documentaire dispo sur Netflix « Minimalism » m’a beaucoup affecté également.

  • Peux-tu nous donner quelques conseils lorsque nous allons faire notre shopping ?

La première des choses est de réduire le shopping ! On consomme trop ! De nombreuses études montrent que le shopping est un moyen de se défouler et de déstresser. Ne pas acheter demande aujourd’hui un vrai travail sur soi. Mais ça vaut le coup ! Il faut éviter le plus possible les marques de fast-fashion (Zara, Bershka, Primark…) et consommer éthique. Il y a maintenant énormément de marques éthiques comme Armed Angels, People Tree, Everlane, Reformation,… Une des alternatives à la mode éthique est le vintage : pas cher et hyper fun ! La mode est un cycle, vous trouverez forcément en fripes des vieux vêtements mais ultra tendances aujourd’hui.

  • Que devons nous regarder sur les étiquettes de nos vêtements ?

De manière générale, malheureusement, il faut partir du principe que tout vêtement abordable a été fait dans de mauvaises conditions. Il faut absolument se renseigner sur la marque, sur ses valeurs et engagements et voir si elle est transparente. Par exemple, beaucoup de marques jouent sur la nuance entre le « conçu en France » et le « fabriqué en France ». Conçu veut ici dire « designé, dessiné, imaginé ». Si la marque se vante de concevoir en France (ou dans un autre pays développé), méfiance… ! Pourquoi ne veut-elle pas dire où le produit a été fabriqué ?! Il ne faut donc pas hésiter à faire une petite enquête, à comparer les marques. C’est une nouvelle manière de faire du shopping en réalité !

 

  • Peux-tu nous expliquer quelques termes techniques que l’on peut voir sur nos étiquettes tels que l’acrylique, polyesther et nous parler de la provenance par exemple ?

Les pays à éviter sont le Cambodge, l’Inde, le Bangladesh, la Thailande, le NépalLe salaire chinois a augmenté mais cela reste un pays à éviter sauf preuve du contraire (la marque américaine éthique Everlane fait fabriquer en Chine dans de très bonnes conditions par exemple ! ).

Ensuite il y a la Turquie, la Pologne, la Bulgarie, le PortugalCe sont des pays qui ont des SMIC ; on peut donc considérer qu’il y a plus de chance que les conditions de travail soient respectées.

Attention avec le Maroc. Le Maroc reste un pays très pauvre et la maltraitance y existe toujours.

Enfin vous avez le made in Italy, Spain, Fance, UK, Germany, USA…

Vous avez trois catégories de matières : les synthétiques, les artificielles et les naturelles.

Les matières synthétiques sous le nom de : polyester, polyamide, nylon, acrylique et élasthane sont des dérivés du pétroleA éviter absolument donc. Ces matières polluent, font transpirer et d’une manière générale, pour les pulls, ne tiennent pas chaud !

Vous avez ensuite les matières artificielles. Celles-ci sont créees par l’homme à partir de cellulose de végétaux. Vous avez donc le bambou, l’eucalyptus, le chanvre, l’ortie, la viscose végétale.

Vous verrez ensuite souvent sur les étiquettes, Tencel, Lyocell et Modal. Ce sont des  matières faites à partir d’eucalyptus ou bambou. Ce sont des matières similaires mais le Tencel est une marque déposée par la société Lenzing. La société Lenzing a récemment développé une matière appelée Eco vero, qui est une viscose certifiée éco-responsable. Toutes ces matières sont très agréables à porter, elles sont thermo-régulatrices, légères et on ne transpire pas.

Enfin vous avez les matières naturelles : le lin, le coton, la soie, la laine. 

Le coton est naturel mais consomme énormément d’eau. Il faut donc de préférence le choisir bio. Le lin consomme peu d’eau, est très robuste, tient chaud l’hiver et garde au frais l’été. C’est une des matières les plus éco-responsables. La soie est une des plus belles matières : elle est agréable et chic. Son seul défaut est qu’elle se froisse. Pour la laine, il en existe énormément. Je dirais que si il y a une laine à éviter, c’est l’angora qui vient du lapin angora car malheureusement de nombreuses maltraitances animales ont été découvertes dans ces élevages. Méfiance donc pour cette laine.

Pour le cuir c’est très difficile ! Je pars du principe qu’il vaut mieux un sac en cuir qu’un sac en PVC (plastique). Cependant, tanner le cuir pollue. Il faut donc privilégier des marques qui utilisent un tannage végétal et non un tannage au chrome.

Si j’avais une dernière chose à ajouter ce serait de vous parler de l’upcycling : ce nouveau phénomène qui monte en puissance et qui reste la mode la plus écologique ! Il s’agit de réutilisation de tissu qui existent déjà, des chutes de tissus de grandes maisons de couture par exemple. On crée un nouveau vêtement sans à avoir créer de nouvelles matières premieres ! Il est possible de recycler toutes sortes de tissus, même le polyester !

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